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Doit-on enseigner l’histoire de l’immigration à l’école ?

Mémoire de master "métiers de l’éducation et de la formation" spécialité "Enfance Enseignement Education" 2011-2012

Enregistrer au format PDF  Version imprimable de cet article Version imprimablemardi 28 avril 2015, par Angèle Smaldone-Horvath

Sommaire

- 1. L’histoire de l’immigration enseignée à l’école : constats, concepts et pratiques

  • 1.1 Analyse de quelques entretiens avec des enseignant(e)s à la lumière de quelques concepts fondamentaux
  • 1.2 Enquête sur les pratiques des enseignants de cycle III

- 2. L’élève face à l’histoire de l’immigration

  • 2.1 Les représentations des élèves
  • 2.2 Des pistes de projets sur l’immigration

- 3. L’histoire de l’histoire de l’immigration enseignée à l’école

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Extraits

1.2 Enquête sur les pratiques des enseignants de cycle III

1.2.1 Modalités et résultats généraux d’une enquête auprès de 50 enseignants

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Questionnaire (annexe 9)

“L’enquête a porté sur un échantillon de 50 enseignants de cycle III dont 20 enseignants en zone dite sensible. Le questionnaire (annexe 9) comporte 19 items. J’ai choisi de commencer par poser des questions sur l’enseignement de cultures d’autres pays car j’avais remarqué lors des entretiens exploratoires que le mot « immigration » bloquait les discussions alors que le terme de culture me semblait fédérateur et incitateur au dialogue.

Il existe différentes définitions du mot culture et il est vrai que chaque enseignant a pu y englober une réalité différente, pour ma part, je retiendrai celle de l’UNESCO « La culture, dans son sens le plus large, est considérée, comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels, et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social.

Elle englobe, outre les arts et lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »

Pour la question « Dans votre enseignement, abordez-vous les cultures des autres pays avec vos élèves ? », les enseignants répondent oui à 98 % alors que ce pourcentage tombe à 46 % pour cette même question sur le phénomène de l’immigration. Nous voyons là, je suppose le pouvoir fédérateur du mot culture contrairement à celui de l’immigration.

L’analyse comparative, entre zone dite normale et sensible, des réponses à la question 9 « Dans votre enseignement, abordez-vous le phénomène de l’immigration ? » montre que les enseignants en zone dite « sensible » sont un peu plus nombreux à déclarer aborder le phénomène de l’immigration mais que bizarrement, ils sont aussi proportionnellement plus nombreux à déclarer ne le faire jamais.

L’analyse des réponses aux questions relatives aux raisons de l’enseignement ou du non- enseignement de l’immigration nous donnerons quelques pistes explicatives. Ces graphiques montrent que la principale raison invoquée pour ne pas traiter l’immigration est l’absence de besoins spécifiques dans les classes et ce quelle que soit la zone.
Par contre, la seconde raison invoquée par les enseignants en zone dite sensible est le risque de stigmatisation des élèves alors que ce motif arrive en dernière position chez les enseignants en zone dite « normale ». Il est intéressant de constater que ce sujet est jugé plus stigmatisant et polémique par les enseignants en « zone sensible » qui ont dans leur classe une diversité d’origines de leurs élèves plus marquée alors que nous aurions pu penser que cette diversité serait au contraire une facilité pour parler de l’immigration.

Notons aussi que la deuxième raison invoquée par les enseignants en zone dite « normale » est « autre » avec des réponses diverses comme « l’occasion ne s’est pas présentée » ou « je n’enseigne pas la géographie », « sujet difficile à aborder »... Les raisons qui poussent les enseignants à traiter de l’immigration semblent être les mêmes quelle que soit la zone malgré des petites variations. Dans l’ordre, nous pouvons avancer : la nécessité pour le vivre ensemble, ensuite la conviction personnelle de son importance chez l’enseignant et enfin la présence sous-jacente dans les programmes.

Un point me semble particulièrement important, l’enseignement dépendrait de la conviction personnelle des enseignants ce qui expliquerait la diversité des pratiques des enseignants concernant l’immigration.”

[...]

Conclusion

“L’école de la République se doit d’être un rempart contre les préjugés et les stigmatisations or elle en est parfois, selon les témoignages, le premier lieu. Pour y remédier et pour relever le défi de l’interculturalité, les enseignants doivent avoir accès à une formation initiale et continue, entre autres sur l’immigration, qui les amènerait à réfléchir sur leurs pratiques.”

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